Colloque d'Histoire Sociale, expo et film à Clermont-Ferrand

Samedi 16 décembre 2017 à Clermont-Ferrand

Colloque d’histoire sociale, exposition, film

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L’Institut d’Histoire Sociale du Puy-de-Dôme (IHS-CGT63) avec le syndicat CGT du personnel départemental (CGT-CD 63) organisent le samedi 16 décembre 2017 plusieurs manifestations pour marquer le 100ème anniversaire de la 3ème Conférence confédérale de la CGT qui s’est tenue à Clermont-Ferrand, les 23, 24, 25 décembre 1917 et celui des révolutions russes.

Les conséquences politiques et sociales de l’année 1917 :

« La guerre de 1914-1918, premier grand heurt des impérialismes rivaux, de blocs impérialistes modifiables, a inauguré une époque nouvelle, une époque de guerres et de révolutions nouvelles que leur enjeu fera sans cesse plus acharnées. » Alfred Rosmer

Les conséquences politiques et sociales de l’année 1917 ont été considérables et ont profondément marqué le XXème siècle.

La guerre s’enlise et les soldats des différentes armées meurent par milliers dans des offensives inutiles et sanglantes décidées par les états-majors. Elles vont contribuer au déclenchement des mutineries.

L'hiver 1916-1917, très rude, marque aussi un tournant dans le déroulement de la Grande Guerre. Le quotidien se résume ainsi : un quart de la France envahi, une situation économique catastrophique, le rationnement et des prix qui flambent.

Les civils sont las de cette guerre : la « fatigue des peuples » est pour Pierre Renouvin la grande caractéristique de l’année 1917. Cela se traduit par des grèves, des mouvements sociaux de plus ou moins grande envergure en Grande-Bretagne, en France, en Italie et par des troubles plus graves là où les pénuries sont les plus sévères, des émeutes éclatent souvent à l’initiative des femmes en Allemagne, en Autriche, en Russie.

La révolution russe de février va amener la chute du tsarisme. Elle a commencé le 23 février 1917, par la grève des ouvrières du textile de Vyborg au nom de « Pain, paix et liberté ». Du pain contre les conditions de vie terribles vécues par les travailleurs et travailleuses et les classes populaires, notamment paysannes ; la paix pour cesser de voir mourir des contingents entiers de jeunes au front, enrôlés par conscription pour une guerre qui n’est pas la leur ; et la liberté contre le pouvoir autoritaire du tsar.

En France, dès le printemps 1917, le mouvement ouvrier, l’opinion, la presse, les soldats au front se passionnent pour « la grande lueur à l’Est ».

Durant l'année 1917, 694 grèves affectent l'économie de guerre; elles sont menées essentiellement par des femmes et des jeunes hommes. Dans les cortèges de milliers d’ouvrières défilent à Paris (midinettes) et dans des villes de province (munitionnettes) en chantant : « Et l’on s’en fout / On aura la semaine anglaise / et l’on s’en fout / on aura les vingt sous ! » mais aussi en poussant des slogans interdits comme « à bas la guerre ».

En Russie, la révolution d’octobre va permettre pour la première fois dans l’histoire au mouvement ouvrier de prendre le pouvoir sur des bases révolutionnaires.

Lénine annonce : « Nous allons maintenant procéder à la construction de l’ordre socialiste ».

Sont ainsi pris les décrets sur :

-la paix : proposition est adressée à tous les pays belligérants d’entamer des pourparlers « en vue d’une paix équitable et démocratique, immédiate, sans annexions et sans indemnités »,

-la terre« la grande propriété foncière est abolie immédiatement sans aucune indemnité »,

-le contrôle ouvrier sur la production,

-la souveraineté et l’égalité de tous les peuples de Russie, leur droit à disposer d’eux-mêmes y compris par la séparation politique et la constitution d’un État national indépendant, la suppression de tout privilège à caractère national ou religieux,

-la nationalisation des banques,

-la création d’une milice ouvrière,

-la journée des huit heures,

-la séparation de l'Église orthodoxe et de l'Etat, etc.

Sirolle, un cheminot CGT rendait hommage aux ouvriers russes qui se sont battus pour le socialisme : « Là-bas des militants ont mis leurs actes en conformité avec leurs idées. Là-bas la terre est aux paysans, l’usine à l’ouvrier, le chemin de fer aux cheminots, les banques à l’Etat. Nos yeux doivent se tourner vers eux et nous avons le devoir de combattre pour la réalisation d’un tel idéal…On nous accuse de faire miroiter des utopies aux yeux des travailleurs. Mais ces utopies sont devenues des réalités chez les peuples conscients de la Russie. » Cheminots parisiens du 24 janvier 1918, AN F7 13667

Le colloque d’histoire sociale du 16 décembre 2017

Comme annoncé dans le bulletin de l’IHSCGT63 n° 10, le colloque va se dérouler en 3 parties :

-une initiative sur les résistances ouvrières de la guerre de 1914-1918,

-une sur le mouvement ouvrier dans le Puy-de-Dôme,

-une sur les conséquences des révolutions russes sur le mouvement ouvrier.

La 3ème Conférence confédérale de la CGT « devant la situation de la guerre »

Les 23, 24, 25 décembre 1917 s’est tenue à Clermont-Ferrand, la 3ème Conférence confédérale de la CGT « devant la situation de la guerre ». Sont représentés à la conférence 39 fédérations de métiers et d’industrie, 51 unions départementales, 65 Bourses du travail, des délégués étrangers : 5 anglais, 2 serbes, 2 belges, 1 suisse. La presse a relaté les débats.

Majoritaires : patriotes favorables à l’Union sacrée et minoritaires : internationalistes opposés à la guerre, se mettent d’accord le 25 décembre à 21 h 45 lors d’une séance de nuit, sur un texte de compromis qui met sur le même plan le président américain Wilson et la révolution russe, demande sans condamner l’Union Sacrée, la constitution de la Société des Nations.

Lors de la 3 ème Conférence confédérale de la CGT qui s’est tenue à Clermont-Ferrand, les 23, 24, 25 décembre 1917, l’ensemble des questions traitées dans ce colloque ont été examinées : la paix séparée ou la paix générale pour tous les peuples, la condamnation ou non de l’union sacrée, la collaboration ou non avec le gouvernement, le meilleur moyen de faire aboutir les revendications ouvrières, la répression de Clémenceau, les révolutions russes.

Marcel Body, le film Lénine et Marcel

Marcel Body est né à Limoges en 1894, dans une famille de céramistes. Il choisit le métier de typographe. En 1916, il fait partie de la Mission militaire française en Russie. D’abord spectateur de la révolution, puis enthousiasmé par les idéaux bolchéviques, il s’engage dans la jeune révolution, côtoie Lénine, dont il devient le traducteur, Trotsky, Staline, Zinoviev, Boukharine. Il participe à la création de la IIIème Internationale et milite activement pour celle-ci. Il traverse le pays au milieu des combats entre «blancs» et «rouges», participe au Komintern, est nommé diplomate du nouveau régime et lie son sort à celui d’Alexandra Kollontaï la révolutionnaire (première femme de l'Histoire contemporaine à avoir été membre d'un gouvernement et ambassadrice dans un pays étranger, qui en tant que commissaire du peuple va obtenir pour les femmes russes le droit de vote et d'être élues, le droit au divorce par consentement mutuel, l'accès à l'éducation, un salaire égal à celui des hommes, des congés de maternité et l'égalité de reconnaissance entre enfants légitimes et naturels, le droit à l'avortement obtenu en 1920, puis limité en 1936 par Staline).

Hostile à l’évolution du régime et au stalinisme, il réussit à regagner la France et Limoges en 1927 où il va être immédiatement un cadre de la fédération de la Haute- Vienne du PCF avant d’être exclu un an plus tard de ce parti. Il n’abandonne pas le combat, il crée alors des publications oppositionnelles, reprend son ancien métier et va se consacrer à des travaux de traduction des œuvres de Lénine, Boukharine, Trotsky et Bakounine.

Le film Lénine et Marcel de Marie-Dominique Montel et Christopher Jones sera projeté en partenariat avec l’association La Courtine 1917, au Rio à 20 h 30

Emaillé de formidables archives inédites, dont des films de Marcel Body en 1917 et 1984, Lénine et Marcel nous plonge dans ses impressions et ses aventures.

Objectifs de cette journée

Au sein de l’IHS, notre objectif est de valoriser la richesse de la pensée ouvrière, de faire connaître la parole hautement sensée de ses acteurs, diffuser la culture, l’histoire et la mémoire ouvrière pour aider la classe ouvrière d’aujourd’hui à ne pas reproduire les erreurs du passé, à mieux comprendre le présent, pour construire l’avenir.

Cette journée permettra de vous parler des acteurs importants mais oubliés du mouvement ouvrier comme Alphonse Merrheim, Clovis Andrieu, Jeanne Labourbe, Hélène Brion, Marcel Body,… militants qui n’ont pas eu droit à des noms de rues à Clermont-Ferrand à la différence des chefs militaires assassins : Joffre, Foch, Fayolle, Gallieni, (y compris Pétain jusqu’en 1945 ).

Vous êtes chaleureusement invités aux différentes manifestations que nous organisons cette journée et nous vous remercions de nous renvoyer dès que possible vos réservations.

À bientôt, le samedi 16 décembre 2017, espace multimédia, salle Georges Conchon, 3 rue Léo Lagrange.

Programme détaillé de la journée du samedi 16 décembre 2017 :

9 h accueil des participants

9 h 15 ouverture du colloque par Maurice Vigier Président de l’IHS-CGT 63

9 h 30 - 12 h 30 Résistances ouvrières à la guerre

9 h 30 « la CGT pendant la guerre : majorité/minorité, les grèves de 1917-1918, la croissance des effectifs, le réformisme de guerre » par Loïc Le Bars docteur en histoire, spécialiste de l’histoire du syndicalisme des instituteurs. Collaborateur au Maitron, le dictionnaire du mouvement ouvrier.

10 h 30 « Allier, combattants et combattantes pour la Paix - Jeanne Labourbe militante bolchéviste assassinée à Odessa » par Jean-Noël Dutheil de l’IHS-CGT de l’Allier

11 h 30 « Les résistances ouvrières à la guerre dans la Loire 1917-1918 » par Henry Destour, historien, membre du GREMMOS (Groupe de Recherches et d’Etudes sur les Mémoires du Monde Ouvrier Stéphanois).

 

12 h 30 – 14 h pause repas

14 h – 15 h 30 le mouvement ouvrier dans le Puy-de-Dôme

14 h « images du mouvement ouvrier dans le Puy-de-Dôme en 1917 » par Patrick Cochet responsable de la photothèque aux Archives départementales du Puy-de-Dôme

15 h « le mouvement ouvrier dans le Puy-de-Dôme entre 1917 et 1920 » par Eric Panthou bibliothécaire, diplômé de 3° Cycle en Histoire, auteur de plusieurs études sur Michelin et l’histoire sociale du Puy-de-Dôme, collaborateur au Maitron et animateur du Groupe « mémoires ouvrières », au sein de Université populaire et citoyenne du Puy-de-Dôme.

15 h 30 – 19 h l’influence des révolutions russes sur le mouvement ouvrier

15 h 30 « la 3ème Conférence confédérale de la CGT « devant la situation de la guerre » à Clermont-Ferrand les 23, 24 et 25 décembre 1917 » par Bruno Neullas de l’IHS-CGT 63 et de la CGT-CD 63, directeur de publication du bulletin le Nouveau Grain de Sable

16 h 30  – 16 h 45 pause

16 h 45 « les conséquences des révolutions russes sur le mouvement ouvrier en France » par Roland Michel, directeur de publication du bulletin Combattre pour le Socialisme

17 h 45 « les conséquences des révolutions russes sur le mouvement ouvrier mondial » par Jean-Jacques Marie, historien français spécialiste de l'histoire soviétique, auteur de plus de 20 ouvrages sur l’URSS, agrégé de lettres classiques, licencié d'histoire et diplômé en russe de l'Institut national des langues et civilisations orientales, directeur de publication des Cahiers du mouvement ouvrier

En permanence au centre Jean Richepin :

-une exposition avec des panneaux sur la 3ème Conférence confédérale de la CGT « devant la situation de la guerre » à Clermont-Ferrand les 23, 24 et 25 décembre 1917, à partir d’articles de journaux, etc., sur les lieux où s’est tenue cette conférence, l’ancienne maternité, actuellement le centre Jean Richepin à Clermont-Ferrand,

-buvette

-restauration possible

19 h – 20 h 30 pause repas

20 h 30 film « Lénine et Marcel » au cinéma le Rio 178 Rue sous les Vignes à Clermont-Ferrand

20 h 30 projection en partenariat avec l’association La Courtine 1917, du film « Lénine et Marcel » de Marie-Dominique Montel et Christopher Jones au sujet de Marcel Body, ouvrier limousin au cœur de la Révolution russe.

Débat après le film en présence d’Anne Manigaud auteure de « Marcel Body un Limougeaud dans la Révolution » première partie du livre « 1917 le Limousin et la Révolution russe ». Anne Manigaud est professeure d’histoire, membre de l’association « Mémoire ouvrière en Limousin » et du Pôle international de ressources de Limoges et du Limousin pour l’histoire du monde du travail et de l’économie sociale.

Exposition au Rio « 1915-1920 : le corps expéditionnaire russe en France » présenté par l’association La Courtine 1917.

Inscription obligatoire par mail dans la limite des places disponibles.

Le nombre de places étant limité à 120, les participants doivent s’inscrire le plus tôt possible par mail envoyé à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Possibilité également de s’inscrire : 10 € pour le repas de midi et 10 € pour le repas du soir par chèque libellé à syndicat CGT du personnel départemental envoyé avant le 1er décembre 2017 à syndicat CGT du personnel départemental, 24 rue Saint-Esprit 63033 Clermont-Ferrand Cedex 1

Contacts : IHS CGT 63 et CGT-CD63 : Bruno Neullas : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. tél 07 82 55 62 85

Cette invitation personnelle sera demandée à l’entrée – Espace multimédia, salle Georges Conchon, 3 rue Léo Lagrange.