Websérie " Faisons barrage au FN ! "

Épisode 1 : comment démasquer l’imposture économique et sociale du FN ?

mercredi 3 mai 2017

Comment démasquer l’imposture économique et sociale du FN ? Voici le premier épisode de la websérie CGT "Faisons barrage au FN".

Pascal Debay, dirigeant confédéral CGT répond à nos questions. Le FN est-il devenu le premier parti ouvrier de France ? Le retour au franc face à la crise : entre solution et rétropédalage du FN ; Comment la CGT peut-elle démontrer que le FN est un parti pro-capital et non pas pro-travailleurs ?

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Postures et imposture du marino-lepénisme

Institut d'Histoire Sociale CGT, Montreuil, le 27 février 2012

Quatre facteurs principaux ont contribué à favoriser l’essor du Front national depuis sa création (1972). L’arrêt de l’immigration en 1974 a provoqué en réplique la sédentarisation des Maghrébins et le regroupement familial. L’instauration du capitalisme mondialo-financiarisé a provoqué des dégâts socio-économiques d’ampleur (chômage de masse, précarisation, destruction des solidarités  laborales). Le non-respect des engagements électoraux (la rigueur avec François Mitterrand, l’abandon de la lutte contre la fracture sociale par Jacques Chirac, le reniement du discours du Bourget avec François Hollande). Enfin, le terrorisme djihadiste a légitimé l’islamophobie et facilité le repli  sur une identité nationale à la fois mythique et réactionnaire.

Le FN ne s’est pas seulement contenté de dénoncer la mondialisation, le système politique, l’immigration, les élites. Dans la ligne du GRECE et du Club de l’Horloge, il a  élaboré une idéologie visant à convaincre les électeurs du bien-fondé de ses positions. Devenu parti « catch-all », selon le vocabulaire de la science politique américaine (attrape-tout), le FN est traversé par des contradictions difficiles à maîtriser. Les provocations de Jean-Marie Le Pen séduisent certains mais en détournent d’autres. La scission mégrétiste de 1988 montre l’intensité des rivalités et des désaccords internes au sein du parti frontiste. En même temps, la progression du FN bute sur « un plafond de verre » suscité par son antisémitisme et son amateurisme.

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Le Front national : Un danger pour le monde du travail et la démocratie

Le premier tour des élections régionales a permis à l’extrême droite de réaliser un triste record : après les 4,1 millions de voix obtenues lors des élections départementales de mars 2015, le FN triple son score des élections régionales de 2010. Il récolte plus de 6 millions de voix et est en tête dans 6 régions sur 13. L’abstention reste très élevée, notamment chez les jeunes : c’est 1 électeur sur 2 en moyenne qui ne s’est pas déplacé.

Ces résultats sont encore une fois le signe de la grave crise démocratique et sociale que traverse notre pays et sur laquelle la CGT ne cesse d’alerter. Le chômage et la précarité atteignent des records. La mise en concurrence des territoires accentue les inégalités et la relégation. L’absence de réponse au dumping social généré par la mondialisation capitaliste et par les impasses des politiques libérales et austéritaires menées en Europe offre un boulevard au repli nationaliste et à la préférence nationale. Ce qui est en cause, c’est les promesses non tenues et la démission du politique face au marché. La fuite en avant dans la dérive sécuritaire est une impasse qui conduit à normaliser le discours de l’extrême droite.

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Extrême droite - L’imposture sociale

Nvo : Comment comprenez-vous la recrudescence de suffrages en faveur de l’extrême droite aux élections européennes?

Pascal Debay (membre de la direction confédérale, secrétaire général de l’UD CGT de Meurthe-et-Moselle et pilote du Collectif confédéral de lutte contre l’extrême droite) : Nous sommes aujourd’hui confrontés à une nouvelle étape dans le discours de l’extrême droite et dans la façon dont ce discours est reçu par les citoyens qui vont voter. Lors de précédents scrutins, un certain nombre de signes annonçaient déjà le résultat que l’on connaît. Lorsqu’on est syndicaliste, que l’on échange avec les salariés, qu’on écoute ce qui se dit, mais aussi ce qui ne se dit pas, on voit bien qu’il s’agit là d’une séquence nouvelle où le Front national est en train de s’ancrer, de devenir un parti politique de premier plan malgré nos efforts et nos luttes pour l’éviter. C’est le cas dans ma région comme dans bien d’autres bassins d’emplois ouvriers, ruraux, sinistrés, avec un fort taux de chômage et de pauvreté. Plus largement, ce vote s’inscrit dans un contexte européen d’austérité, d’offre politique nationale décevante et de décennies de renoncements, de trahisons, de distorsions entre les discours et les actes. Dans le même temps, le libéralisme est monté en puissance et a impacté la structuration de la société, des services publics, du vivre-ensemble avec un aspect immuablement central, celui de l’immigration. Autant d’éléments qui ont poussé certains électeurs vers Marine Le Pen et le FN dont Florian Philippot est le vice-président, un homme cultivé, poli, formé, sachant communiquer et, bien qu’il s’en défende, qui connaît très bien les modes de fonctionnement des arcanes politiques, des appareils et des réseaux. Aussi, selon moi, l’histoire du FN inaugure une nouvelle étape qui heurte, ne surprend pas, mais risque de durer. 


Dominique Vidal (est journaliste, historien et auteur du livre Le ventre est encore fécond, les nouvelles extrêmes droites européennes éditions Libertalia, 2012) :S’il est vrai que le vote FN comporte des dimensions spécifiques liées à la réalité économique, politique, sociale ou idéologique de notre pays, cette percée s’intègre dans une vague européenne. À l’échelle du continent, les forces d’extrême droite frôlent ou dépassent 10 % des voix dans quinze pays, dont six où elles dépassent 20 %, jusqu’à presque 30 % en Suisse. Le cas de la France n’est donc pas un phénomène isolé. D’autant – et c’est la nouveauté de ce scrutin – que l’extrême droite bénéficie du renfort de forces europhobes qui ont fait un malheur, notamment en Grande-Bretagne, où l’UKIP est arrivé en tête. Il faut aussi noter des scores non négligeables compte tenu des contextes, comme en Allemagne, avec 7 % de voix en dehors des grands partis ou en Pologne, avec un KNP néofasciste à plus de 7 % des voix. Pour éclairer la situation, je relèverai six points communs à tous les pays européens.

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Utile : réponses aux questions les plus courantes.

Pour être en mesure de résister face aux paroles racistes ou fascistes décomplexées de notre époque, vous trouverez ici de quoi démonter l'argumentaire du front national et de l'extrême droite en général. Ce dossier est issu du 4 pages confédéral, illustré et imprimable, disponible en suivant ce lien.

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Le programme du FN et les idées d’extrême-droite sont opposés aux intérêts des salarié-e-s !

Les absences de réponses aux questions sociales vécues par les salarié-e-s, les privé-e-s d’emploi, les retraité-e-s, les jeunes, ainsi que la crise avec ses conséquences dramatiques, fournissent un terreau exploité par l’extrême-droite. Les politiques d’austérité génèrent une aggravation du chômage, le développement des inégalités sociales, de la précarité, de la pauvreté et des processus d’exclusion. Cela accroît la désespérance sociale.

Engagée depuis quelques années avec l’arrivée de Marine Le Pen à sa tête, l’opération de banalisation du FN se poursuit, bénéficiant du concours de certains médias. Mais, derrière cette façade détournant à ses fins électoralistes certaines revendications du mouvement social, le FN reste un parti nationaliste, xénophobe, sexiste et raciste. Il agit de concert avec la nébuleuse de l’extrême-droite française actuellement à l’offensive (des manifestations réactionnaires et homophobes, en passant par les violences racistes de groupuscules, jusqu’au duo antisémite Dieudonné-Soral). C’est un piège dans lequel les salarié-e-s ne peuvent tomber, d’autant qu’il existe d’autres solutions pour sortir de la crise, comme répartir autrement les richesses, revitaliser les solidarités...

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Appel national : Uni-e-s contre l’extrême droite !

La journée de travail du 29 janvier, sous forme de huit ateliers autour de thématiques diverses, a réuni plus de 600 syndicalistes. Cette initiative nationale inédite s’est conclue par un meeting avec l’expression des premiers responsables. Les organisations syndicales CGT, FSU, Solidaires, UNEF, UNL et Fidl lancent un appel national pour faire face à l’extrême-droite.

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